La ville de Paris engagée pour l’accueil des réfugiés

lundi 19 septembre 2016

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19 septembre 2016

 

 

Chantier du futur centre d’accueil des migrants dans le Nord de Paris – Photo : Jean-Bernard Senon


Pour mettre fin aux campements d’infortune des migrants dans les rues de la capitale, des élus parisiens rappellent l’ouverture prochaine de deux centres distincts, l’un situé intramuros et l’autre à Ivry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne.

 

Paris, comme beaucoup de villes européennes, fait face à l’arrivée de très nombreux réfugiés. L’exigence morale, l’urgence sociale et le respect des conventions internationales nous imposent de répondre à ce défi avec humanité et responsabilité. C’est ce qui a prévalu dans la décision courageuse de la maire de Paris, prise avec le soutien du gouvernement, de créer deux centres humanitaires de premier accueil pour les réfugiés primo-arrivants, afin d’offrir une alternative aux campements de rue qui se sont régulièrement installés ces derniers mois dans les quartiers populaires du Nord-Est parisien.

 

Un centre d’accueil dans Paris

Nous récusons donc avec la plus grande force le reproche, injuste et infondé, fait à Paris de ne pas faire face à ses responsabilités en matière d’accueil des migrants. Pire, que la capitale se défausserait sur les communes de banlieue comme nous avons pu l’entendre à propos de l’ouverture fin 2016 d’un centre d’accueil pour femmes et familles migrantes à Ivry-sur-Seine dans le Val-de-Marne ou d’un centre d’accueil pour hommes migrants isolés à Forges-les-Bains dans l’Essonne dans un bâtiment dont la ville de Paris est propriétaire. C’est méconnaître totalement la réalité des chiffres et prendre le risque d’installer la caricature et la démagogie au cœur d’un débat qui mérite mieux. Le centre humanitaire, dont l’ouverture prochaine a été annoncée par Anne Hidalgo, sera bien situé à Paris, boulevard Ney, dans le XVIIIe arrondissement. Il comprend d’abord un lieu d’accueil pour les 50 à 80 migrants qui arrivent quotidiennement dans la capitale et d’autre part un site destiné à héberger 400 hommes isolés s’inscrivant dans une démarche de demande d’asile.

Le site d’Ivry, dont la ville de Paris est propriétaire, permettra d’accueillir les femmes et les familles qui se présenteront au premier accueil du site parisien. Nous saluons le courage du maire d’Ivry, Philippe Bouyssou, qui s’est d’emblée montré un partenaire convaincu de l’opération. Il n’existe plus de lieu à Paris intramuros permettant l’accueil d’un nombre aussi important de femmes et de familles, l’ensemble des sites vacants ayant déjà été mobilisé pour créer 2 000 places d’accueil au cours des quatorze derniers mois.

Le site de Forges-les-Bains est mis à disposition de l’Etat pour contribuer à l’objectif de places d’hébergement qu’il s’est fixé sur l’ensemble du territoire. Plutôt que de vendre ce bien, la ville a décidé de le mettre gracieusement à disposition de l’Etat puisque l’accueil des migrants relève de sa seule et exclusive compétence.

A la fin de l’année 2015, 600 maires s’étaient déclarés volontaires pour accueillir des migrants et tous constatent que cet accueil s’inscrit sans difficulté dans le paysage de leur commune. C’est notamment le cas de Daniel Dometz, maire (LR) de Saint-Mard (3 500 habitants, Seine-et-Marne) ou de Grégory Garestier, maire (LR) de Maurepas (18 000 habitants, Yvelines).

 

Un effort à répartir sur l’ensemble du territoir

Anne Hidalgo s’est largement engagée au service de l’effort national alors que Paris concentre déjà 40% des places d’hébergement d’Ile-de-France, tout en ne représentant que 1% de la superficie de la région et 19% de sa population. Si tous les départements d’Ile-de-France appliquaient le ratio parisien de places d’hébergement par habitant, 25 000 nouvelles places seraient créées (leur nombre serait ainsi plus que doublé). Bien que de superficie inférieure, Paris accueille par exemple 5 fois plus de places que le département des Hauts-de-Seine.

Affirmer que Paris «exporte» «ses» migrants en Ile-de-France constitue donc une déformation grossière des faits et une occultation de la part de responsabilité que chacun doit assumer: celle des incendiaires qui ont mis en danger la vie d’autrui sur la commune de Forges-les-Bains; celle aussi des agitateurs de peurs, de fantasmes et de désinformation; celle encore de l’Etat qui doit veiller à répartir équitablement l’effort sur l’ensemble du territoire national. Calais et Paris ne peuvent à elles seules accueillir l’ensemble des migrants présents sur les territoires national et métropolitain; celle enfin des élus qui peuvent changer la donne en facilitant l’accueil de centres à taille humaine sur leurs territoires.

Chercher à opposer Paris au reste de la métropole et de la région serait un artifice parfaitement contreproductif au moment où nous devons, au contraire, unir nos forces pour répondre à ce qu’attendent de nous nos concitoyens pour faire face, avec lucidité, humanité et responsabilité à une épreuve collective dont personne ne peut se croire exempté.

Alors que se joue une crise humanitaire d’une ampleur inédite, les présidents de région de droite Christian Estrosi et Laurent Wauquiez veulent s’exonérer honteusement de leur responsabilité, et n’hésitent même plus à revendiquer leur égoïsme et leur cynisme. Paris sera pour sa part toujours aux côtés des maires engagés dans la solidarité, avec tous les territoires et aux côtés de ceux qui souffrent.

 

Par Catherine Baratti-Elbaz, maire du XIIarrondissement, présidente du groupe PS et divers gauche à la Métropole du Grand Paris; Ian Brossat, adjoint à la maire de Paris; François Dagnaud, maire du XIXarrondissement; Rémi Féraud, maire du Xarrondissement, président du groupe socialiste au Conseil de Paris; Emmanuel Grégoire, adjoint à la maire de Paris, premier secrétaire de la fédération PS de Paris; Bruno Julliard, premier adjoint à la maire de Paris; Eric Lejoindre, maire du XVIIIarrondissement; Dominique Versini, adjointe à la maire de Paris.

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