Intervention de Claude Dargent relative à l’aménagement des berges de Seine

mercredi 28 septembre 2016

Claude Dargent, Conseiller de Paris et du 15e arrondissement,

Seul le prononcé fait foi

 

Madame la Maire, mes chers collègues,

Ceux qui s’intéressent à ces questions le savent depuis une vingtaine d’année, les berges de Seine à Paris seront interdites au trafic automobile. La question n’était pas de savoir si la voie Georges Pompidou serait fermée aux voitures, mais quand elle le serait.

La tendance est tellement systématique qu’elle est devenue un lieu commun en matière de politique de déplacement : toutes les villes qui ont la chance de posséder un bord de rivière ou de mer le réservent aux circulations douces, piétons et vélos. Bordeaux et d’autres l’ont fait en France. Et Boston, New York, Montréal, San Francisco, le font. Classé au patrimoine mondial par l’Unesco, le site parisien du Val de Seine impliquait davantage que d’autres encore une telle évolution.

Les opposants à cette transformation comme à toute réduction de la circulation automobile dans Paris invoquent toujours le même argument : que va-t-il advenir du flux qui empruntait cette voie ? A ce compte, depuis 2001, la Ville de Paris n’aurait pas pu créer des couloirs de bus, implanter le tramway sur les boulevards des Maréchaux ou reconfigurer l’avenue de Stalingrad dans le 19e et tant d’autres voies depuis 15 ans.

La première erreur de la droite sur cette question est toujours la même : elle raisonne à partir d’un trafic automobile incompressible. Or, année après année, la circulation automobile dans Paris recule. Depuis 2001 et l’engagement de politiques de rééquilibrage de l’espace public et de lutte contre la pollution, on constate une réduction de 28 % des déplacements en voiture dans Paris. 28%. Plus d’un quart de trafic en moins, soit une baisse de 2 % à 3 % par an. Là encore, il y a là une tendance que l’on constate dans toutes les grandes villes occidentales. Mais cette tendance peut être confortée ou freinée par les politiques municipales. Incontestablement, elle a été amplifiée à Paris par la volonté de la majorité de gauche depuis 2001 de rééquilibrer l’espace public.

La seconde erreur de la droite sur ces dossiers, est qu’elle surestime la part du trafic automobile dans les déplacements des Parisiens. C’est un chiffre méconnu, mais 80% des déplacements concernant Paris se font en transports publics. J’entendais M. LEGARET et Mme GALLOIS nous expliquer qu’une amélioration des transports publics devrait être préalable à la fermeture des berges. Mais c’est oublier que cette amélioration est continue depuis 15 ans. Ainsi l’offre métro a augmenté de 9% entre 2004 et 2014. L’offre du RER A a augmenté de plus de 10% sur la même période. Et l’offre du réseau de surface (bus et tram) a augmenté de 19% entre 2004 et 2015. Sans oublier le passage de rames à 2 niveaux pour le RER A, l’automatisation de la ligne 1, les travaux en cours sur le RER A et le RER C, des améliorations qui concernent explicitement les déplacements est-ouest qui sont enjeu dans la fermeture aux véhicules motorisés des voies sur berge.

Cette amélioration de l’offre de transport en commun se poursuit d’ailleurs à travers de nouveaux projets d’investissement. On peut citer le réaménagement du pôle de Chatelet les Halles en voie d’achèvement, la création et les prolongements successifs de la ligne de tramway T 3, le prolongement de la ligne M 11 et du RER E. On voit que cette offre supplémentaire de transports publics concerne bien l’ensemble de l’Île De France et pas seulement Paris. Même si les études montrent que 2% seulement des usagers de cette voie vont de banlieue à banlieue

La seule question qui se posait était donc de savoir à quelle date les voies sur berges de la rive droite pourraient être fermées au trafic automobile. Cette hypothèse avait déjà été évoquée lors de la précédente mandature. A l’époque, les études établissaient que si la fermeture de la rive gauche était possible, et elle fut faite, celle de la rive droite se révélait prématurée. Pourtant, qu’a-t-on entendu de la part de la droite de cet hémicycle à l’époque. La fermeture de la rive gauche allait créer une thrombose gigantesque qui paralysera notre ville. Il n’en a rien été. Une fois passée l’inévitable période d’ajustement, tout le monde constate aujourd’hui les bienfaits de cette mesure. Vous l’avez souligné Mme la Maire.

 Mais une des caractéristiques de la droite parisienne, c’est qu’elle n’apprend rien de ces erreurs. Elle nous rejoue donc aujourd’hui le même scénario. Pourtant, Les aménagements réalisés en parallèle rive droite en 2013, avec la création de 6 traversées piétonnes protégées par des feux tricolores, ont déjà eu pour résultat de diminuer l’usage de cette voie. Sur la toile de fond de la baisse tendancielle qui concerne Paris, année après année, le volume de trafic sur la voie rive droite a reculé d’environ un quart.

Les études nous indiquent donc que ce qui n’était pas possible en 2013, l’est en 2016 : il est possible désormais de rendre la voie rive droite aux circulations douces.

Pour nos concitoyens, c’est moins d’automobiles, donc moins de pollution et donc moins de problèmes de santé publique. Puisque rendre les berges rive droite aux piétons est désormais possible, et bien, chers collègues, offrons ce beau projet aux Parisiens, aux Franciliens et aux touristes.

« Nous vous devons beaucoup plus » a-t-on entendu lors de la dernière campagne régionale. Et bien, en tous cas, cette reconquête des berges de Seine nous la devons clairement à nos concitoyens.

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