Communiqué de presse des quatre groupes de la majorité municipale relatif au rapport unanime sur la politique périscolaire à Paris

mardi 3 mai 2016

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En septembre 2015, le Conseil de Paris a voté à l’unanimité la création d’une 11e mission d’information et d’évaluation (MIE) portant sur « La politique dédiée au périscolaire à Paris ». Du 12 octobre au 15 avril, Jean-Baptiste Menguy (élu LR du 15e), président, et Catherine Baratti-Elbaz (Maire PS du 12e), rapporteure, ont réuni à 15 reprises les 15 membres[1] de cette MIE pluraliste. Ils ont auditionné plus de 85 personnes, effectué 15 visites de terrain et recueilli l’avis des Maires d’arrondissement. Dans un climat serein et constructif, cette mission a répondu à l’objectif qui lui avait été assigné de dresser un bilan quantitatif et qualitatif de l’ensemble des activités périscolaires proposées aux enfants fréquentant les écoles et collèges publics parisiens ainsi que proposer des perspectives d’évolution à court, moyen et long termes.

Le rapport de la MIE, adopté à l’unanimité, est remis à la Maire de Paris ce 3 mai ; il fera l’objet d’un débat au Conseil de Paris du mois de mai. Ce rapport fait clairement la démonstration du volontarisme de la municipalité parisienne en matière de périscolaire et en donne une photographie précise, chiffrée, exhaustive et documentée, trois ans après la mise en œuvre de l’aménagement des rythmes éducatifs à Paris.

Les activités périscolaires parisiennes sont financées à hauteur de plus de 35 millions d’euros par an, près de 80% des enfants scolarisés dans le primaire suivent des activités périscolaires, les familles se déclarent à 81% satisfaites de cette politique, et tous les maires d’arrondissement jugent favorablement les actions conduites.

Le rapport met clairement en évidence le saut quantitatif et qualitatif majeur, réalisé ces dernières années, dans le recrutement, la formation et la stabilisation des équipes d’animation. Nous tenons à saluer ici l’ensemble des agents de la Ville de Paris qui portent au quotidien cette ambition forte pour le périscolaire dans notre ville.

Nous nous félicitons de l’adoption à l’unanimité des trois parties du rapport mais également des 50 préconisations (jointes à ce communiqué), parmi lesquelles figurent plusieurs propositions marquantes telles que l’affirmation du temps de cantine comme temps de pause et de respiration pour les enfants, l’amélioration de l’accueil du soir en élémentaire autour du projet d’études dirigées et d’activités d’animation ou encore l’extension du dispositif action collégiens et des accueils de loisirs des adolescents comme des centres de loisirs à parité. Elles proposent également de favoriser les initiatives innovantes, construites en accord avec l’ensemble de la communauté éducative et le Rectorat de Paris, respectant au mieux les temps de l’enfant, en particulier dans les maternelles, d’interpeller le législateur sur la création d’un diplôme d’Etat de formation initiale dans le domaine de l’animation, de mettre en place des ludothèques et la fourniture d’un goûter dans les écoles élémentaires.

Sur la base de ses observations, la MIE a souhaité insister tout particulièrement sur l’enjeu central que constitue la création d’une cohérence éducative entre projet d’école d’une part et projet péri et extrascolaire d’autre part. Elle préconise, pour avancer encore dans le sens d’une co-éducation renforcée, l’affectation, dans chaque école, d’un Responsable éducatif ville de catégorie B et le renforcement de la pluridisciplinarité des équipes.

La MIE a également insisté sur l’enjeu d’information et d’association des parents proposant, entre autres, la mise en place d’un cahier de liaison commun scolaire et périscolaire fourni par la Ville, ou encore le développement des outils de communication numérique.

Loin des débats qui avaient pu accompagner la mise en place de la réforme des rythmes éducatifs, la MIE a constaté un climat apaisé dans les écoles parisiennes par le sérieux et la qualité de l’action municipale au service de tous les enfants parisiens qui restent au centre de la politique dédiée au périscolaire.

 

[1] Mmes Marinette BACHE, Emmanuelle BECKER, Gypsie BLOCH, Alix BOUGERET, Léa FILOCHE, Béatrice LECOUTURIER, Annick OLIVIER, Anne-Constance ONGHENA, Carine PETIT et Aurélie SOLANS, MM. Philippe DUCLOUX, Thierry HODENT et Buon-Huong TAN.

Membres suppléants : Mme Marie ATALLAH, MM. Hervé BÉGUÉ, Jean-Bernard BROS et Rémi FÉRAUD.

 


 

CONCLUSION ET PRECONISATIONS

 

A l’issue du rapport, la Mission d’information et d’évaluation du Conseil de Paris « La politique dédiée au périscolaire à Paris » a souhaité formuler un ensemble cohérent de préconisations.

Ces 50 propositions ont été adoptées à l’unanimité des membres présents de la Mission et seront transmises au Conseil de Paris pour y être examinées. Elles sont regroupées autour de six grands thèmes, selon une démarche logique et ordonnée qui vise à en faciliter la lecture. Les propositions initialement émises par les groupes sont reproduites après cette conclusion.

 

Remettre les enfants au cœur du périscolaire

 

  • Poursuivre le processus d’évolution de la pause méridienne vers un temps de pause, de respiration, correspondant aux besoins et au rythme des enfants ;
  • Généraliser une offre d’activités pour les petites sections et très petites sections, qui assure une alternance d’activités, de repos ou de jeux (contes, chants, dessins…) afin de respecter au mieux le rythme de chaque enfant, notamment ses besoins de sommeil, et préserver le temps du goûter ;
  • Favoriser les initiatives innovantes, construites en accord avec l’ensemble de la communauté éducative et le Rectorat de Paris, respectant au mieux les temps de l’enfant, en particulier dans les maternelles ;
  • Renforcer le parcours des 0-6 ans en portant notamment une attention particulière sur les ateliers dédiés aux très petites sections ;
  • Mettre en place un conseil des enfants du périscolaire dans chaque école élémentaire, inciter à la création d’un conseil des enfants dans chaque arrondissement qui traitera aussi du périscolaire et développer des méthodes et outils objectifs pour que les enfants puissent participer activement à l’évaluation des activités proposées ;
  • Améliorer la cohérence des activités proposées sur le temps du soir :
  • Intégrer davantage les ateliers bleus au projet éducatif périscolaire ;
  • Envisager de déclarer les ateliers bleus en accueil collectif de mineurs ;
  • Mettre en place des études dirigées dans l’ensemble de Paris et prioritairement dans les écoles en éducation prioritaire, avec des animateurs et enseignants volontaires ;
  • Permettre également aux enfants d’accéder à des activités libres, de loisirs (temps calme de jeu) et mettre en place des ludothèques dans les écoles élémentaires ;
  • Etudier la fourniture d’un goûter en élémentaire et rendre disponibles les réfectoires sur ce temps ;
  • Développer le nombre de centres de loisirs à parité (CLAP) pour accueillir davantage d’enfants en situation de handicap.

Périscolaire et collégiens :

  • Etendre le dispositif Actions Collégiens en privilégiant tous les collèges situés en Éducation prioritaire ou bénéficiaires d’une convention académique pluriannuelle de priorité éducative ;
  • Proposer un accueil de loisirs des collégiens dans chaque arrondissement, en partenariat avec les acteurs jeunesse du territoire.

Des parents mieux associés et informés, des démarches facilitées pour les familles

Faciliter les relations entre les familles et les acteurs de l’école :

  • Mettre en place un cahier de liaison annuel commun scolaire et périscolaire fourni par la Ville de Paris ;
  • Afficher un trombinoscope permettant d’identifier les adultes référents, pour les enfants comme pour les parents ;
  • Mettre en place une inscription et une facture unique pour toutes les activités périscolaires ;
  • Développer les outils numériques de communication envers les familles : ENT, newsletter spécifique, permettant si possible tous types d’informations en temps réel ;
  • Etudier la possibilité d’harmoniser les horaires de sortie entre les maternelles et les élémentaires.

Développer à l’échelle de Paris les initiatives visant l’information in situ des parents :

  • Associer les représentants des parents d’élèves à l’élaboration du PEDT ;
  • Organiser des réunions d’information en direction des parents dans chaque école, notamment une réunion commune Éducation nationale/Ville de Paris sur la rentrée scolaire ;
  • Favoriser l’organisation de restitutions donnant à voir les activités périscolaires et leurs productions dans les écoles (journées portes ouvertes, expositions…) ;
  • Faciliter le contact entre les familles et les structures intervenantes pour la poursuite des activités de découverte en dehors de l’école et améliorer l’articulation horaire entre le périscolaire et ces autres dispositifs, en particulier municipaux (mercredis du sport, conservatoires, centres d’animation…) ;
  • Informer en amont les parents des choix d’ateliers que leurs enfants seront amenés à faire. La vigilance nécessaire et le renforcement des contrôles en matière de protection de l’enfance
  • Poursuivre la généralisation de la consultation du fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (fijaisv) pour tous les intervenants adultes et renforcer les passerelles entre la Ville de Paris et l’Etat pour prévenir toute dérive des agents de la collectivité parisienne ;
  • Renforcer les contrôles et le suivi sur la durée, en lien avec le Rectorat, la Préfecture de police et le Parquet ;
  • Former les personnels à déceler les « signaux faibles » ; La professionnalisation des équipes d’animation
  • Poursuivre la politique de stabilisation des équipes d’animateurs dans les écoles, en particulier dans les écoles maternelles, en limitant le recours aux vacataires et en proposant, lorsque l’intérêt du service le justifie, des quotités de travail plus importantes aux animateurs, ce qui permettra de limiter le nombre d’intervenants ;
  • Mettre en place un responsable éducatif par école (catégorie B) et réaffirmer son rôle de responsable de l’équipe d’animation, notamment en charge d’une partie de l’évaluation des activités et de l’élaboration du programme du périscolaire de l’école ;
  • Favoriser la diversité des compétences pour aller vers des équipes pluridisciplinaires, par exemple en développant les passerelles pour permettre aux auxiliaires de puériculture d’intégrer les équipes d’animation ;
  • Accompagner les agents de la Ville, en particulier les DPA, qui souhaiteraient passer des examens et concours en vue de devenir REV ;
  • Interpeller le législateur sur la création d’un diplôme d’Etat de formation initiale dans le domaine de l’animation ;
  • Mettre en place des temps de réunion pour l’ensemble des équipes d’animation, y compris les ASEM en maternelle ;
  • Proposer des formations communes avec le personnel de l’Éducation nationale afin de favoriser une culture commune ;
  • Proposer des formations in situ permettant d’adapter la formation aux situations locales (nature des équipements et locaux disponibles) ;
  • Augmenter le taux de titulaires des BAFA et BAFD en incitant les agents à obtenir ces brevets ;
  • Développer la formation de prise de poste et continue des animateurs, en s’appuyant notamment sur les centres de ressources de la Dasco et permettant de :
  • Mobiliser des agents ressources en interne et dans d’autres directions ou services de la Ville (DJS, DAC, DASES, DFPE et PMI…), afin de développer la formation par les pairs,
  • Nouer des partenariats avec des universités parisiennes, de grandes structures culturelles ;
  • Partager des formations avec les associations compétentes;
  • Développer les échanges, les rencontres avec les autres collectivités pour partager les bonnes pratiques ;
  • Développer les compétences professionnelles des animateurs sur tous les domaines, notamment les sensibiliser aux pédagogies de l’animation dont les pédagogies coopératives et renforcer leurs connaissances sur les problématiques spécifiques de l’accueil des jeunes enfants, des enfants en situation de handicap et des adolescents, en intégrant la sensibilisation à la lutte contre les discriminations, la laïcité, l’égalité filles/garçons.

Le développement de nouveaux partenariats pour enrichir les contenus des activités et favoriser l’égalité territoriale :

  • Développer les partenariats avec les Universités pour des interventions ponctuelles;
  • Développer les actions favorisant l’usage du numérique ;
  • Accentuer le développement de l’utilisation des ressources de la Ville de Paris pour les ateliers périscolaires afin d’alléger la pression sur les locaux scolaires, en particulier en élémentaire ;
  • Promouvoir des actions hors les murs pour respecter une équité de toutes les écoles, développer les partenariats avec tous les établissements culturels, en particulier les musées nationaux en favorisant l’accès des enfants aux lieux culturels, étudier dans ce cadre l’ouverture de nouveaux ateliers périscolaires sur une base annuelle ou de Masterclass ;
  • Rechercher les meilleures possibilités d’adaptation de l’offre périscolaire aux arrondissements, notamment par la déclinaison, au niveau de chaque arrondissement, du PEDT en liaison avec les maires d’arrondissement ;
  • Etudier la création progressive de parcours d’activités périscolaires pour les enfants des cycles 2 et 3 ;
  • Etudier les modalités d’intervention des PVP dans le champ périscolaire ;
  • Renforcer les exigences posées par la Ville à ses partenaires associatifs dans le cadre des marchés et appels à projet (niveau de recrutement, conflit d’intérêt…).

La « co-éducation » ou comment mieux articuler le scolaire avec le périscolaire

  • Resserrer les objectifs du périscolaire dans le prochain PEDT et renforcer la cohérence entre projets périscolaires et projets d’école ;
  • Institutionnaliser des temps communs de travail entre les personnels de la Ville et de l’Éducation nationale à l’échelle de l’arrondissement (IEN / chef de CASPE) comme dans chaque groupe scolaire (REV/directeur Animateurs et ASEM/enseignants) pour favoriser l’articulation et la complémentarité entre les enseignements sur le temps scolaire et les ateliers sur le temps périscolaire ;
  • Promouvoir l’intégration des REV et DPA comme membres de droit des conseils d’école ;
  • Mettre en place une charte qualité des temps périscolaires en déclinaison du PEDT en s’inspirant du label QualiParis ;
  • Favoriser les transitions crèche/maternelle, maternelle/élémentaire et élémentaire/collège, via le périscolaire en organisant des visites, des moments d’échanges… ;
  • Revoir les responsabilités respectives des directeurs d’école et des REV à l’aide de référentiels communs pour mieux articuler les différents temps en particulier sur les études surveillées ;
  • Prendre en compte la nécessité de polyvalence des locaux et des usages, scolaire et périscolaire, dans les projets de construction, d’aménagement ou restructuration des locaux scolaires, dans l’objectif d’optimiser l’utilisation des locaux, des cours d’écoles, des dortoirs, etc.
  • Assurer aux REV et DPA des conditions de travail matérielles suffisantes, en particulier en termes de bureaux, pour éviter les risques psycho-sociaux.
  • Veiller à ce que l’Education nationale communique à la Ville de Paris les résultats complets de l’évaluation de la mise en œuvre de la réforme des rythmes scolaires, en particulier sur les apprentissages des enfants ;
  • Assurer le suivi de la mise en œuvre des préconisations de la MIE par un comité.

 

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